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FAQ sauts en canyon

FAQ sauts en canyon

Le fond de l'eau est visible, et je vais probablement toucher un peu le fond : Comment faire ?

 

Deux méthodes sont possibles, avec un niveau de technicité différent :

 

1 . Amortir en pliant les jambes.

 

     C'est la technique la plus basique, mais la plus risquée, car il faut être sûr de pas s'écraser non plus au fond. La profondeur doit être suffisante pour être en capacité d'amortir en pliant les jambes.

     Quand on pénètre dans l'eau, il faut donner un léger coup de gainage, afin que le corps – durant la phase de ralentissement dans l'eau – s'incline très légèrement en arrière. Les pieds sont à plat, les bras toujours le long du corps ou croisés.

     Lors du contact avec le fond de la rivière, on pourra donc plus facilement s'accroupir, pour se retrouver en position « assise » au fond.

 

2 . Technique de la feuille morte.

 

     La technicité de cette méthode est plus complexe. Par contre bien exécutée, elle permet d'effectuer des ralentissements aquatiques de manière confortable, contrairement à la méthode précédente, qui est dans tous les cas violente.

     L'entrée dans l'eau est exactement la même que précédemment, la différence se situant dans l'intensité du gainage lors de l'entrée dans l'eau.

Il va falloir gainer plus intensément, afin d'imprimer un mouvement de bascule du corps vers l'arrière. L'objectif est de donner une trajectoire aquatique en cloche inversée, un peu comme le mouvement d'une feuille morte se posant au sol, ou atterrissage d'un parapente.

     Le mouvement ne doit pas être trop puissant non plus, sinon on peut faire un salto arrière sous l'eau, mais suffisamment puissant pour terminer la phase de ralentissement du corps en se retrouvant allongé sur le dos au fond de l'eau.

     Pour s'entraîner en sécurité, il suffit simplement de sauter sur un spot présentant de faibles hauteur (< à 5m) et une profondeur très importante (> 4m). Par la suite, diminuer progressivement la profondeur de réception, avec un fond sableux de préférence.

 

Je souhaite me boucher le nez lors d'un saut : Est-ce possible et comment faire ?

 

     C'est l'éternelle grande question durant les sorties canyoning. De base, nous n'incitions pas les gens à se boucher le nez avant un saut, car certains pensent – à tort – qu'ils n'auront pas le te:ps de se boucher le nez durant la chute : Ils préfèrent donc se boucher le nez avant même d'avoir sauté.

     Le souci, c'est que sauter avec un bras collé contre le corps et une main sur le visage, c'est limiter la possibilité à son corps de s'équilibrer en l'air, donc de rester droit.

     Il faut au moins laisser la possibilité au corps de se rééquilibrer en l'air après l'impulsion à l'aide de ses bras écartés.

 

Du coup, pour se boucher le nez, il faut d'abord sauter, s'équilibrer durant la chute, et juste avant l'entrée dans l'eau, se boucher le nez.

 

     Il va aussi falloir attention à la technique : Durant l'entrée dans l'eau, il est nécessaire de maintenir le bras qui tiens le nez bouché, bien collé contre le corps.

Par exemple, si je souhaite me boucher le nez avec ma main droite, je vais en même temps tenir avec ma main gauche mon coude droit.

     L'effet obtenu est une entrée dans l'eau le corps bien droit, les bras croisés sur la poitrine, et la main droite qui bouche le nez.

 

L'arrivée dans l'eau : Pieds à plats ou pointes de pieds ?

 

     Dans nos encadrements en canyoning, nous préconisons l'entrée dans l'eau pieds à plats : En effet, cette manière de faire permet de rester en capacité d'amortir si nous touchons par inadvertance le fond de la rivière ou un obstacle.

     De même dans notre pratique personnelle, si nous estimons que la profondeur n'est pas suffisante pour sauter sans toucher, nous sautons pieds à plat.

 

     L'entrée dans l'eau avec les pointes de pieds en avant permet de diminuer la force de choc lors de l'impact. Le corps est plus profilé, la phase de freinage est plus longue, l'entrée dans l'eau sera moins violente.

     Il faut par contre être bien sûr de ne pas toucher d'obstacle dans l'eau, car en cas de choc, il n'y aura pas de possibilité d'amortir, et le le risque de se casser les orteils, la cheville ou le pied est plus grand.

 

A partir de quelle hauteur un saut est dangereux ?

 

     Tout dépend bien évidemment de notre niveau de compétence personnel. Nous avons déjà vu des blessures arriver lors de sauts de faible hauteur. Il y a une multitude facteurs autres que la hauteur, pouvant rendre un saut dangereux.

     En imaginant que le saut convoité possède une surface de réception grande, et une profondeur plus que suffisante, le facteur le plus important impactant directement sur la dangerosité du saut est le niveau de compétence du sauteur.

     Pour un sauteur qui sait gérer son corps correctement à différentes hauteurs, nous considérons qu'à partir d'une hauteur de 12 mètres, la réception commence à devenir sérieuse à supporter : La moindre erreur dans la position du corps lors de l'entrée dans l'eau peut se ressentir violemment, tout comme si le sauteur n'est pas assez contracté.

     Pour quelqu'un ne sachant pas sauter, une hauteur maximale de 2m est suffisante pour commencer à apprendre sans danger l'impulsion, la gestion du corps dans l'espace, et l'entrée dans l'eau. A cette hauteur, une arrivée dans l'eau en plat aura moins de conséquences. En même temps, à cette hauteur, le corps aura difficilement le temps de basculer suffisamment pour finir en plat, si l'impulsion est ratée.

 

La combinaison néoprène protège elle des chocs comme en cas de plat ?

 

     Cette certitude est typiquement une légende urbaine. La combinaison néoprène que l'on porte lors des descente en canyoning ne protège aucunement des conséquences d'une entrée dans l'eau ratée. Elle n'empêchera pas les fractures, tassements, où autres douceurs en cas de raté.

     Le seul avantage, est qu'il protégera votre peau de l'effet « claque ». On ressentira moins la claque sur la peau, mais les dégâts sur les organes et le squelettes restent les mêmes.

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